jury des prix créa : commentaire

lundi, avril 10, 2006

j'écoutais l'intéressant vidéo sur la présentation des membres du jury du nouveau concours créa.
selon infopresse « Le concours Créa se veut une célébration de la création publicitaire». bonne nouvelle !
quelle ne fut pas ma surprise. lorsque je vois défiler des directeurs de-ci et des directeurs de-ça... et bien aucune directrice de quelque chose à l'horizon ? est-il normal qu'en 2006, sur un nouveau prix en créativité aucune femme ne fasse parti d'un jury de 10 personnes ?
est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ? ça a «adonné» comme ça ? vraiment ? faut presque se forcer pour y arriver.
il y a plein de femmes qui travaillent en pub, il y a plein de femmes créatives, comment vous avez fait pour ne pas les trouver ?
ce qui me sidère, c'est de réaliser que les organisateurs du concours ne trouvaient pas leur présence et leur regard sur la créativité pertinent à l'intérieur d'un jury ?
pourquoi ai-je toujours l'impression d'être la seule à voir ces affaires-là ? et pourquoi, encore une fois, je vais passer pour la féministe de mauvaise foi ?
des questions, des questions... je sais.

3 commentaires:

Martine a dit...

Rassure-toi, tu n'es pas la seule, même s'il m'arrive aussi de passer pour la féministe de mauvaise foi! Je constate souvent la même absence de femmes dans les jurys et les panels de cinéma et de nouvelles technologies (surtout de nouvelles technologies). Il me semble qu'en 2006, c'est un drôle "d'oubli".

On a encore du chemin à faire...

Guylaine Couture a dit...

ah ! merci !
je me sens moins seule.
je suis toujours surprise des réactions de certaines personnes qui me disent que c'est pas grave, que je m'attarde sur des détails, que c'est seulement un hasard. mais à chaque fois, c,est une signe de plus pour ne baisser notre vigilance sur le sujet. ça arrive encore trop souvent ce genre de chose.
effectivement, on a encore du chemin à faire !

lu a dit...

Il est évident que nous avons plus que du chemin à faire en tant que femmes pour atteindre un niveau de reconnaissance satisfaisant. Cela dit, ce n'est pas par le féminisme que nous réussirons. Le féminisme est perçu comme une maladie incurable contractée par des femmes frustrées. Demandez à Pauline Marois, elle doit le penser de plus en plus. De manière générale, si une province catho comme le Québec préfère élire un gai cocaïnomane au lieu d'une femme, l'on peut déduire que bien des mentalités on changées mais uniquement à propos de débats actuels. Le féminisme est relégué au rang d'idéologie ancienne, et donc ne vaut non seulement plus la peine de s'y dédier corps et âme, elle ne vaut tout simplement plus la peine.

Depuis un moment je contre-attaque de manière macho contre le machisme en général. Avec des copines, nous avons créé le mouvement STEAK, où tout homme est considéré come une simple pièce de viande. Le mouvement adopte tous les fondements du féminisme, sauf qu'il est accompagné d'une facette de consommation sexuelle de l'homme. Croyez-le ou non, les hommes sont généralement tous d'accord avec nos arguments qui n'ont à priori rien n'avoir avec le sexe. Bref, le combat des femmes n'est évidemment pas terminé, mais un changement de stratégie s'impose. L'homme est facile à manipuler, il faut en prendre note et l'attaquer là où il est faible, c'est-à-dire dans sa certitude conscience d’être le plus fort sexuellement et par extension (sans mauvais jeu de mot) intellectuellement. Il nous suffit de lui faire croire en une liberté sexuelle féminine dominatrice (qu’elle soit appliquée ou non, ce qui compte c’est de créer un fantasme). Ça l’excite et le rend gaga, alors toute la place nous est laissé pour exprimer, décider et enfin prendre le contrôle. Peu importe que la latitude nous soit laissé pour nos compétences, ou pour le miroitement de nos faveurs sexuelles, pourvu que nous ayons l’espace requis pour travailler et décider. Les résultats, c’est se qui compte, par c’est ce qui reste, se qui demeure et constitue à la longue un héritage intéressant. Lorsque sorti de sa torpeur, le mâle, acceptera d’emblée les changements proposés. Les plus futés comprendront peut-être le stratagème à force de se faire jouer, mais déclineront toute forme de contre-attaque devant leur isolement par le nombre.

Tout cela peut sembler un peu poussé, mais quelque chose me dit que je ne suis pas si loin de la vérité. Je n’affirme pas non plus que cette philosophie soit sans faille, et qu’elle ne mérite pas d’être retravaillée, mais je l’applique avec un sourire en coin depuis un moment, et elle fonctionne à plusieurs niveaux. En même temps, c’est super con d’en arriver à se formuler des stratégies de contre-attaque vis-à-vis un sujet vieux comme le monde. Ça devrait être réglé depuis tellement longtemps! Et c’est encore plus con, d’en arriver à des stratégies insensibles et cruelles comme le mouvement STEAK. Mais c’est là le nœud de l’histoire n’est-ce pas…nous avons toujours refusé d’attaquer le problème par sentimentalisme purement féminin : ce n’est pas gentil d’écraser l’ennemi! Snif! snif! Notre retenue nous vaut notre présent sort. Ce n’est ni par la gentillesse, ni par le talent, ni par l’intelligence que nous réussirons…l’ennemi se terre sous la ceinture…attaquons-le ou il se trouve avec les armes adéquates!!!

Au risque de passer pour une agace intellectuelle 

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